LE DERNIER FRANÇAIS
Écriture et mise en scène de Joël Beaumont
Création à l’espace Pierre et Marie Curie (Ivry sur Seine) en juin 1993
Avec :
Mémé jeune et Francine Joëlle OOSTERLINCK
Mémé vieille et Sara Babette BERANGER
Grand-mère Catherine LE FLOCHMOUN
Albert Jean-Michel AUMARD
Pierre-François Cathy KIERSNOWSKI
Jeanne Pascale CHOTARD
Le médecin Marie-Odile HARTMAN
Martin Christophe BLOCQUEL
Germain Gérard WAPLER
Gaspard Mikaël CHEMLA
Une très vieille femme se meurt Elle rêve qu'elle est jeune. Sa fille prépare le repas d'enterrement. A l'extérieur le monde est en train de basculer: les grèves et les manifestations secouent le pays, les appartements des immigrés brûlent. Ses petits enfants, chômeurs et sans domicile, sont venus chercher un lit pour la nuit. Un enfant va naître, entre deux femmes couchées côte à côte: la vieille qui meurt dans une extase amoureuse, et sa petite fille qui devra être soutenue par toute la famille pour faire sortir le bébé bien accroché à son nombril. Dehors le seuil de tolérance a été dépassé: on tue les étrangers surtout s'ils sont arabes. D'autres personnages vont trouver refuge autour du lit, et partageront le repas d'enterrement: Martin, le voisin portugais, Germain, membre du comité de ratonnade du quartier, Gaspard, l'épicier arabe du coin, Sara, immigrée de deuxième génération.
Une farce tragique sur le racisme au quotidien? Le compte-rendu d'une journée comme une autre dans ce monde qui est le nôtre? Absurde: les appartements des immigrés qui brûlent? Les arabes massacrés en plein Paris? Les comités de ratonnades? Simplistes: les personnages qui se revendiquent sans culpabilité ratonneurs ou xénophobes? Cette schématisation n'est-elle pas aussi un des aspects affligeants de notre fin de siècle? Il faut accepter l'idée que les pauvres sont pauvres, le chômage endémique, les étrangers en surnombre. Jusqu'à quel degré de violence peut mener cette résignation collective?